Les présidents Denis Sassou N’Guesso et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo se sont entretenus en tête-à-tête ce samedi 24 janvier à Oyo. Officiellement, la crise persistante à l’Est de la République démocratique du Congo était au cœur des discussions.
Cependant, au-delà de la version officielle, cette visite soulève de nombreuses interrogations.
Analyse politique de la visite :
Invité peu auparavant en France par le président Emmanuel Macron pour évoquer la situation sécuritaire à l’Est de la RDC, Félix Tshisekedi arrive ensuite à Oyo. Peut-on raisonnablement penser que la question de la présidentielle congolaise de 2026 n’a pas été évoquée lors de cet entretien ? La question mérite d’être posée.
Aujourd’hui, Félix Tshisekedi s’impose comme l’un des hommes forts de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs. Proche des États-Unis, bénéficiant d’une écoute particulière auprès de Donald Trump, et désormais membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, la RDC devient un acteur stratégique, servant de pont entre les grandes puissances mondiales et plusieurs pays influents.
Après les erreurs stratégiques de l’ère Jacques Chirac, Emmanuel Macron se retrouve dans une position délicate :
‣ soit s’ingérer dans ce qui apparaît de plus en plus comme une élection verrouillée,
‣ soit accompagner Denis Sassou N’Guesso au risque de se retrouver, dans les années à venir, en opposition frontale avec les États-Unis.
Car une fois les dossiers brûlants de l’Est de la RDC et du Rwanda traités, Washington devra se pencher sur les autres figures politiques perçues comme des obstacles à la stabilité régionale, notamment Denis Sassou N’Guesso (République du Congo) et Yoweri Museveni (Ouganda).
Conclusion
La visite de Félix Tshisekedi à Oyo n’a rien d’anodin. Elle semble porter un message clair de l’Élysée, accompagné d’un avertissement politique explicite concernant l’élection à venir.
L’hésitation persistante de Denis Sassou N’Guesso à annoncer officiellement sa candidature en est un indicateur fort. Il se trouve aujourd’hui à un carrefour décisif de son règne :
‣ soit il s’entête, à l’image de Paul Kagame dans son bras de fer avec les Américains,
‣ soit il accepte d’ouvrir un dialogue inclusif, prélude à un retrait organisé et négocié du pouvoir.
Cette seconde option représente sa seule véritable chance de sortir par le haut, de préserver sa sécurité personnelle et de s’installer dans un pays où une éventuelle extradition judiciaire ne le menacerait pas.
Les prochains jours seront déterminants. Denis Sassou N’Guesso est désormais pris en étau entre la France et les États-Unis, dans un contexte géopolitique où les marges de manœuvre se réduisent rapidement.






