Passeport congolais : quand l’État organise la rente et le chaos

En République du Congo, le passeport est devenu une machine à enrichir quelques-uns : acheté 6 000 FCFA, il est revendu 50 000 FCFA, puis jusqu’à 500 000 FCFA au marché noir.

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L’obtention du passeport ordinaire en République du Congo n’est plus un simple service public : c’est devenu une affaire d’initiés et de gros sous. Nous disposons désormais d’une copie du rapport de la Commission nationale de la Transparence et de la Responsabilité dans la Gestion des Finances publiques (CNTR). Et les révélations sont accablantes.

Un passeport vendu par la société allemande Mühlbauer à l’État congolais coûte à peine 6 000 FCFA TTC (rendu Brazzaville). Ce même document est ensuite facturé 50 000 FCFA aux citoyens. Résultat : 44 000 FCFA de marge nette par passeport.

Et malgré cette rente déjà indécente, les Congolais doivent encore faire face à des pénuries artificielles de carnets. Conséquence directe : un marché noir florissant où le prix d’un passeport explose entre 150 000 et 500 000 FCFA.

La question n’est plus de comprendre, mais de constater l’évidence : comment un produit à faible coût, générant déjà une marge énorme, peut-il être à ce point rare, sinon par une organisation délibérée du désordre ?

Ce système révèle une mécanique bien rodée : créer la rareté pour justifier l’illégalité, laisser prospérer les circuits parallèles, et transformer un droit fondamental en luxe inaccessible pour la majorité.

Nous venons d’achever la lecture du rapport de la CNTR, intitulé :
« Rapport de mission d’information sur la gestion des recettes générées par la production des passeports ».

Une chose est désormais certaine : derrière ce document administratif se cache un système opaque où l’intérêt général est sacrifié au profit d’intérêts particuliers.

Source : A. Ndongo, journaliste économique et financier, Brazzaville, Congo


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