Le plus grave dans cette affaire reste le silence et l’absence de réaction forte des autorités, donnant l’impression qu’un ministre pourrait agir sans craindre la moindre conséquence. Les interrogations autour de sa relation avec Sonia Jacquet, qui aurait débuté alors qu’elle était encore mineure alors qu’il occupait déjà des fonctions ministérielles, renforcent encore davantage le malaise et les critiques de l’opinion publique.
Voilà donc ce que certains appellent « l’accélération de la marche » : une dérive institutionnelle où le pouvoir semble davantage protéger ses proches que défendre l’exemplarité, la justice et le respect des femmes. Lorsqu’aucune sanction claire n’est prise face à des accusations aussi graves, c’est la crédibilité même des institutions qui s’effondre aux yeux de la population.
Les personnalités de la honte en 2026 en République du Congo face aux violences faites aux femmes.
Anatole Collinet Makosso :
Un Premier ministre à la main tremblante, incapable de sanctionner les violences présumées impliquant l’un de ses ministres envers une femme. Aucune convocation officielle, aucune suspension, aucune démission exigée : voilà donc ce qu’ils appellent « l’accélération de la marche » sous Denis Sassou Nguesso. Un chef de gouvernement incapable de regarder ses ministres en face pour dire : « Trop, c’est trop », démontre une faiblesse inquiétante au sommet de l’État. Lorsqu’un responsable politique perd toute autorité morale devant des actes aussi graves, il ne dirige plus un gouvernement : il cautionne le silence, l’impunité et la dérive.
Inès Nefer Ingani :
La ministre censée défendre les femmes et protéger leurs droits vient, par son silence, piétiner l’esprit même de la loi Mouebara.
La loi Mouebara avait pourtant été présentée comme une avancée majeure destinée à prévenir, sanctionner et combattre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles. Mais aujourd’hui, face aux accusations visant Jean‑Marc Thystère Tchicaya, le silence des autorités ressemble à une trahison politique et morale. À quoi sert une loi si ceux qui sont censés l’appliquer ferment volontairement les yeux lorsqu’un puissant est mis en cause ? Une loi sans courage politique n’est qu’un texte vide utilisé pour les discours officiels et les cérémonies médiatiques.
Raymond Zéphirin Mboulou :
Encore un ministre dont l’inaction alimente le sentiment d’impunité. Son silence et son absence de fermeté face à cette affaire renforcent l’image d’un pouvoir où certains responsables semblent protégés, peu importe la gravité des faits dénoncés. Voilà le type de gouvernance que le pouvoir présente comme une « accélération de la marche » : un système où des responsables publics peuvent être accusés de violences graves sans qu’aucune décision forte ne soit prise. Comment un ministre peut-il se comporter comme un véritable voyou, être accusé d’avoir violenté une femme jusqu’au sang, et continuer à exercer tranquillement ses fonctions sans la moindre démission ni sanction visible ?
La République du Congo s’enfonce dangereusement dans une dérive où l’impunité des puissants semble désormais plus importante que la dignité et la sécurité des femmes.













